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Interview de Marie-Françoise Gondard-Argenti, chargée des affaires sociales à la Confédération des Chirurgiens-Dentistes

Pour une bonne santé bucco-dentaire

santelavie.com : lundi 16 novembre 2009

Les pathologies que les dentistes sont le plus fréquemment amenés à soigner ne sont pas les mêmes selon la tranche d’âge, caries chez les plus jeunes, déchaussement pour les plus âgés. Tous les dentistes s’accordent là-dessus : le maître mot est la prévention.

Chez les enfants, la principale raison d’une visite chez le dentiste est la carie, mais celle-ci revient également de manière importante à l’adolescence, ce que l’on ne constatait pas il y a quelques années. Ce phénomène constitue une régression et est vraisemblablement dû à l’hygiène de vie et à l’alimentation. C’est une conséquence des habitudes alimentaires. Les choses sont liées : les patients qui sont atteints d’obésité ont souvent aussi des problèmes dentaires. La plupart du temps, on met en cause une trop forte consommation de boissons sucrées, ou si elles ne sont pas sucrées, qui contiennent beaucoup d’acide citrique (additif alimentaire E330, qui peut provoquer des brûlures), comme en général toutes les boissons gazeuses. On peut également ajouter toutes les habitudes de grignotage parce qu’elles ne sont presque jamais suivies d’un geste d’hygiène. Cela se passe dans la journée et non au moment d’un repas après lequel on doit se brosser les dents.

En ce qui concerne les adultes, on effectue beaucoup de parodontie, c’est tout ce qui concerne le soin des tissus de soutien des dents. La plupart du temps, il s’agit de gingivite : les gencives qui saignent. Ce sont des pathologies attachées au déchaussement de la dent, quand la dent devient mobile ou qu’elle est entartrée. Les dentistes constatent que toutes les pathologies générales ont aussi une influence sur le secteur dentaire. Les maladies cardio-vasculaires, à cause des traitements anticoagulants, causent des problèmes gingivaux associés. Il y a les problèmes de diabète de type 2 (diabète non insulinodépendant, dû à un dysfonctionnement du pancréas) qui ramènent au problème de l’obésité. Comme ces patients ont des salives un peu différentes, ils développent davantage de pathologies dentaires et parodontales, c’est-à-dire autour de la dent.

Au quatrième âge, l’allongement du temps de vie amène le problème de l’édentation. On rencontre beaucoup de caries de quatrième âge. La dent est âgée et le problème de l’hygiène associée est énorme. Les personnes âgées manquent de mobilité, souffrent de déficience visuelle et ne voient pas si leurs dents sont propres. On cumule alors des difficultés dans le geste et dans la vision. Ces pathologies du quatrième âge sont un véritable casse tête pour les chirurgiens dentistes. Ce sont des caries très étendues, qui se développent au niveau des racines parce que la dent s’est déchaussée. Il y a beaucoup de plaque dentaire, qui est due au manque d’hygiène et les soins apportés par les dentistes sont plutôt de l’ordre de la rustine, parce que cela recommence sans cesse.

On ne connait pas exactement le nombre de personnes âgées qui sont concernées, parce que certaines n’ont pas accès aux cabinets dentaires. Elles vivent souvent dans des maisons de retraite, et sont très dépendantes. Elles consultent rarement un dentiste sauf si elles éprouvent des souffrances. Cela peut aller jusqu’à la septicémie (Infection bactérienne généralisée du sang) aux cancers de la bouche. L’hygiène bucco-dentaire n’est pas encore passée dans les mœurs dans les maisons de retraite et on constate le même phénomène avec les patients handicapés qui vivent dans des centres d’accueil.

La prévention

En matière de prévention, la récente campagne « M’T dents » cible les enfants et les adolescents. Cinq rendez-vous sont fixés pour tous les jeunes âgés de 6, 9, 12, 15 et 18 ans. Ils bénéficient d’un examen bucco-dentaire gratuit, sans avance de frais, et du remboursement à 100 % par l’Assurance maladie des soins dentaires nécessaires. Ces mesures concernent 3,5 millions d’enfants et d’adolescents.

La tranche d’âge 15/18 ans est très importante, c’est souvent à cet âge qu’ils arrêtent de voir régulièrement leur dentiste. Ils reviennent généralement vers 24/25 ans et là, les problèmes sont déjà apparus. L’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire fait bien son travail, mais ne peut remplacer le Ministère de la Santé, qui a une action très importante en matière de prévention, de santé publique. C’est aussi une logique économique : on ne gagnera la bataille de la santé qu’en développant la prévention. Et cette politique a donné de bons résultats : la plupart des adultes conservent leurs dents, celles qui poussent à l’âge de six ans, parce que l’hygiène bucco-dentaire a fait des progrès considérables.1

Les conseils par tranche d’âge :

L’éducation se fait par l’exemple : les parents doivent se brosser les dents avec leurs enfants. Matin et soir et après le repas de midi quand c’est possible, par exemple le week-end. C’est un apprentissage qui peut se faire sous forme de jeu, dans la salle de bains. Régulièrement, les parents doivent effectuer eux même le brossage pour montrer le geste à l’enfant. Deux ou trois fois par semaine, en particulier le soir parce qu’on dispose de davantage de temps. Après cinq ou six ans, l’enfant prend conscience que s’il ne se brosse pas les dents, il peut avoir des trous. S’il a eu à se faire soigner une carie, il sait que ce n’est pas très agréable et il veille davantage à son hygiène. La visite chez le dentiste est alors annuelle, elle suffit à effectuer un contrôle.

A l’adolescence, c’est plus délicat : les filles ont en général une approche plus complète de l’hygiène, elles se brossent davantage les dents que les garçons, qui y font moins attention jusqu’à ce qu’ils aient des copines. Mais là aussi on retrouve des similitudes avec les personnes âgées. L’hygiène bucco- dentaire est assez peu présente dans les internats, comme dans les maisons de retraite. Un interne qui descend de sa chambre le matin n’y remonte pas avant le soir, il ne pourra donc pas de brosser les dents après le repas de midi. Les enfants qui déjeunent à la cantine ont le même problème : difficile d’annoncer aux copains que l’on va se brosser les dents à la fin du repas. Ceux qui suivent un traitement d’orthodontie (qui redresse les dents) le font plus facilement, parce qu’ils sont plus sensibilisés et qu’un défaut d’hygiène est très inconfortable.

Pour les adultes, les professionnels rappellent qu’il faut changer régulièrement les brosses à dents, qu’il est possible d’avoir une petite brosse à dents sur soi pour se brosser les dents trois fois par jour après chaque repas. Sans effectuer ces gestes indispensables, on risque d’avoir à entreprendre des soins qui sont longs, lourds et coûteux, parce les soins dentaires ne sont pas les mieux remboursés. Quand les dents sont fragilisées il faut les renforcer, poser des couronnes. Lorsqu’elles sont détruites, il faut les remplacer, installer des prothèses ou des implants. On installe alors une fausse racine dans l’os, quand on peut …

Que faut-il utiliser ?

Le fil dentaire, le jet dentaire, les brosses à dents électriques : tous ces objets sont utiles. La seule chose à éviter absolument, c’est le cure-dents, qu’il vaut mieux garder pour les olives. Le cure-dent fait saigner les gencives et agglomère la plaque dentaire. Le fil dentaire n’a pas beaucoup d’utilité pour un enfant de sept ans, mais il est recommandé pour un senior qui commence à avoir une rétraction de gencive naturelle, parce que la dentition vieillit et cela crée de petits espaces entre les dents : le fil est alors très utile. Le jet dentaire, le petit système qui projette de l’eau sous pression entre les dents est très indiqué en complément d’hygiène. Attention, cela ne remplace pas le brossage. Certains enfants préfèrent avoir une brosse à dents électrique, elle présente des avantages. Le brossage dure trois minutes et c’est le temps qu’il faut y consacrer. De plus cela garantit un bon brossage parce que l’on ne sait pas assez qu’il faut brosser ses dents du haut vers le bas pour la mâchoire supérieure et dans l’autre sens pour la mâchoire inférieure, en rond et verticalement. Il faut éviter également de se brosser les dents transversalement, de la droite vers la gauche, ne pas passer horizontalement sur les dents parce que cela ne permet pas de nettoyer les petits espaces courbes et tous les petits festons de gencives. Les brosses à dents doivent toujours être très souples avec de petites têtes pour aller partout. Les mediums sont déjà trop dures, quand aux brosses dures, les dentistes conseillent de garder cela pour cirer les chaussures ou nettoyer les robinets : les dommages créés à la gencive sont importants, surtout si l’on frotte très fort.

Un dentifrice fluoré est très conseillé pour les enfants, pour les adultes, préférer un dentifrice qui agit sur les gencives, en alternance avec un dentifrice fluoré. Il faut éviter absolument tous les produits qui , soi-disant, blanchissent les dents. Les tâches dues au café ou au tabac ne s’en vont pas. Par contre, des micro-rayures peuvent apparaître sur l’émail : le résultat est donc pire que le mal. C’est un produit purement cosmétique, et très cher.

Les aliments

On peut continuer à consommer du chocolat, à condition qu’il soit bon. Le cacao contient des tanins qui sont bénéfiques pour les dents et qui sont anti-caries. Mais il faut éviter le chocolat au lait, ou ceux qui sont trop sucrés, mais le chocolat noir est très bon. Certains aliments sont colorants, comme le thé qui peut à la longue teindre la dent et il faut alors privilégier le thé vert. Les sucreries sont dangereuses et les sucres ajoutés le sont particulièrement. Il ne faut pas oublier que le sucre est nocif parce qu’il se transforme en acide qui fait à la longue des trous dans l’émail des dents.

Enfin il faut prendre des repas réguliers, donner de l’eau plutôt que des boissons gazeuses, des laitages sans sucres ajoutés, et savoir qu’un verre de vin rouge en mangeant est sans conséquence sur la santé bucco-dentaire.

 

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4 millions d’asthmatiques en France Une enquête sur 2006 de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé vient d’établir que plus de quatre millions de personnes souffrent d’asthme en France, à savoir près de 7% de la population. "Moins d’un asthmatique sur deux a recours à un traitement de fond, c’est-à-dire une thérapeutique indiquée pour réduire et maîtriser l’intensité des symptômes liés à l’hyperréactivité bronchique caractérisant cette maladie chronique", souligne l’équipe de chercheurs qui a réalisé l’étude.

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Le « binge drinking » (consommation rapide d’une quantité considérable d’alcool) progresse en France. Alors que les consommations d’alcool sont orientées à la baisse depuis 2003, les épisodes de consommations ponctuelles sévères (au moins 5 verres en une seule occasion) sont en hausse. Selon le magazine Top Santé, la progression est de plus de 10% en 3 ans. Ces modes de consommation ont des effets sérieux sur la santé et peuvent avoir des conséquences graves (comas, violences, accidents).

30 décès liés à la grippe A(H1N1) sont survenus en France depuis le début de l’épidémie, dont huit depuis le 3 novembre, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). La progression du virus s’intensifie."Pour 24 de ces décès, dont deux personnes sans facteurs de risque, le diagnostic a été confirmé virologiquement", ajoute-t-il, notant que "plus de la moitié des décès et des hospitalisations ont eu lieu ces trois dernières semaines". La campagne de débutera le 12 novembre pour l’ensemble de population. La vaccination est facultative mais recommandée. Le personnel hospitalier est appelé à se faire vacciner depuis le 20 octobre

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